Par Neilley Claude EBESSA,
Journaliste kick442.com – Cameroun
La Confédération Africaine de Football (CAF) a tranché. La rencontre entre la Guinée équatoriale et le Zimbabwe, comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations TotalEnergies PAMOJA 2027, ne se disputera finalement pas au stade de Bata. Le match a été officiellement délocalisé à Yaoundé, au Cameroun, à la suite d’une décision communiquée le 7 novembre 2026.
Cette décision met un terme aux espoirs de voir le Nzalang Nacional retrouver son public à domicile, alors même que la Fédération équatoguinéenne de football (FEGUIFUT) avait annoncé, le 30 octobre dernier, qu’une autorisation temporaire avait été accordée par la CAF et la FIFA pour l’utilisation du stade de Bata.
Les raisons techniques et administratives du blocage
Pourquoi le stade de Bata a-t-il finalement été recalé ? L’analyse de la décision de la CAF met en lumière trois facteurs déterminants :
• L’homologation tardive (obtenue à 80 %) : Si la FEGUIFUT a bien arraché une autorisation provisoire le 30 octobre, celle-ci est intervenue beaucoup trop tardivement par rapport au calendrier de l’instance continentale. De plus, à cette date, le niveau de conformité des exigences techniques du stade se situait encore à environ 80 %, ce qui ne constituait en rien une homologation définitive, mais une simple tolérance conditionnée à la poursuite des travaux.
• La règle des deux mois de la CAF : L’instance dirigeante du football africain a rappelé un principe réglementaire strict : la confirmation définitive des stades hôtes doit impérativement intervenir avec un préavis minimum de deux mois avant la tenue de la rencontre. Un délai que le calendrier équatoguinéen n’a pas pu respecter.
• Le veto de la fédération du Zimbabwe : En raison de ce délai de préavis trop court et de la situation provisoire du stade, l’organisation de la rencontre à Bata était juridiquement et logistiquement subordonnée à l’accord formel de la sélection visiteuse. Face au refus catégorique des Zimbabwéens d’accepter ces conditions de dernière minute, la CAF n’a eu d’autre choix que de délocaliser le match au Cameroun.
Un travail acharné de la FEGUIFUT, mais des lacunes structurelles persistantes
Il convient de saluer l’implication de la FEGUIFUT, qui n’a ménagé aucun effort pour multiplier les démarches institutionnelles et tenter de sauver l’organisation de ce match à la maison. Mais l’engagement d’une fédération ne peut suffire à compenser les retards structurels.
Ce nouveau revers met en lumière un mal profond: l’absence de politique de maintenance rigoureuse et pérenne de la part du département des infrastructures sportives du ministère des Sports et des entreprises sous-traitantes. Un pays doté d’une telle expérience dans l’accueil d’événements majeurs ne peut se permettre d’attendre l’urgence d’une inspection internationale pour espérer mettre ses stades aux normes.
Alors que le gouvernement continue d’investir massivement dans la construction et la modernisation des enceintes à travers le pays — de Malabo à Mongomo, en passant par Ebibeyin et Evinayong —, le manque de suivi et de maintenance préventive réduit à néant une partie de ces efforts financiers.
La perte de cette affiche à Bata doit servir d’électrochoc. Le prestige sportif d’une nation se mesure aussi à sa capacité à préserver et faire vivre ses infrastructures sur le long terme.