Par Neilley Claude EBESSA,
Journaliste kick442.com – Cameroun
Au terme d’un marathon intellectuel de haut vol lors du Championnat National Individuel Open Mixte 2026, la candidate maître féminin (WCM) Sylviane Magne Kouokam s’est imposée comme l’incontestable reine du plateau, décrochant le titre de Championne du Cameroun dans la catégorie Dames. Arrivée en tête du tableau féminin, elle a confirmé sa suprématie et son sang-froid au milieu d’un parterre de maîtres et de joueurs aguerris.
La force d’une championne rodée aux joutes internationales
Alignée sous les couleurs du Biyem Assi Chess Club, Sylviane Kouokam a su se frayer un chemin victorieux dans une compétition où la moindre imprécision tactique ne pardonnait pas. Face à une opposition mixte redoutable composée des meilleurs maîtres et prétendants masculins du pays, elle a livré des batailles acharnées sur 64 cases sans jamais faillir, prouvant la maturité de son jeu et sa résilience.
Cette solidité à toute épreuve trouve sa source dans son expérience récente au plus haut niveau international. Revenue d’un tournoi mondial – où elle a affronté l’élite internationale – la championne a su convertir ses acquis sur le plan national.
La bataille a été terriblement rude avec des joueurs de haut niveau, mais par la grâce de Dieu tout s’est bien passé et j’ai pu tirer mon épingle du jeu »,
a-t-elle déclaré au terme du tournoi.
Rencontrer des personnes d’un niveau supérieur au vôtre dans ce genre de compétitions vous amène forcément à élever le vôtre. On s’efforce de travailler davantage, d’analyser plus finement, et participer à ces tournois mondiaux nous aide à progresser. Cette victoire prouve que ces leçons portent leurs fruits. »
Un plaidoyer vibrant et dense pour l’émancipation des femmes par l’échiquier
Au-delà de son sacre individuel, c’est l’engagement sociétal et sportif de Sylviane Kouokam qui donne une résonance particulière à son triomphe. Dans une discipline encore largement dominée par la présence masculine et où la représentativité féminine peine à décoller dans les salles de compétition, la championne refuse le statu quo et monte au créneau pour une véritable démocratisation de la discipline au féminin.
Constatant le fossé numérique entre hommes et femmes sur les relevés de classement et dans les clubs, elle déconstruit avec poigne les préjugés et les barrières socioculturelles qui éloignent encore trop de jeunes filles de l’échiquier.
Il faut briser ce mythe : non, les échecs ne sont pas réservés à une élite ou à une catégorie spécifique de personnes, et encore moins aux hommes ! Les échecs appartiennent à tout le monde »,
martèle-t-elle avec conviction.
Mon message s’adresse directement aux jeunes filles, aux étudiantes et aux femmes : n’ayez aucune hésitation. Rejoignez les différents clubs qui existent déjà sur le territoire national, car la structure est là pour vous accueillir et vous former. »
Pour Sylviane Kouokam, l’enjeu dépasse largement le simple cadre du sport. L’apprentissage des 64 cases constitue un véritable outil stratégique d’autonomisation et de développement personnel pour les femmes camerounaises.
Au-delà de la dimension ludique ou sportive, pratiquer les échecs est une véritable école de la vie »,explique-t-elle.
Cela structure la pensée, forge un mental d’acier, développe la capacité d’anticipation et apprend à prendre des décisions fermes sous pression. Ce sont des compétences inestimables qui aident les femmes à s’imposer et à réussir dans leur vie quotidienne, professionnelle et personnelle. »
Les yeux rivés vers le titre régional par équipes
Déjà tournée vers l’avenir, la reine de l’échiquier camerounais n’entend pas relâcher la pression. Alors que le calendrier fédéral pointe vers le très attendu tournoi régional par équipes prévu à la fin du mois d’octobre, Sylviane Kouokam se prépare à mener son club vers de nouveaux sommets.
Je serai au rendez-vous avec l’équipe de mon club et nous irons sur le plateau avec une seule ambition : décrocher la victoire »,
conclut-elle avec la détermination d’une grande championne.