Cameroun vs Groupe F : peuvent-ils remporter la CAN 2025 ?
Le Cameroun affronte les champions en titre, la Côte d’Ivoire, dans le Groupe F de la CAN 2025. Marc Brys et des stars comme Mbeumo peuvent-ils décrocher un 6ᵉ titre ? Aperçu complet.
La Coupe d’Afrique des Nations (21 décembre 2025 – 18 janvier 2026) s’apprête à démarrer dans un contexte particulièrement propice au football africain. Le Maroc arrive en tant que pays hôte avec un bel élan, le Sénégal dispose d’un effectif très complet, le Nigeria déborde d’options offensives et l’Algérie se reconstruit lentement mais sûrement.
Mais une intrigue dépasse toutes les autres : le Cameroun peut-il aller jusqu’au bout et décrocher un sixième titre continental ?
Le Cameroun porte un lourd héritage historique — cinq titres, dont celui de 2017 — mais les dernières éditions racontent une histoire moins brillante. Les Lions ont été éliminés en huitièmes de finale par le Nigeria à la CAN 2023 (2-0), ont perdu aux tirs au but contre l’Égypte en demi-finale en 2021, puis ont manqué la qualification pour la Coupe du monde 2026 après une défaite 1-0 contre la RD Congo en barrages.
Et comme nous l’avons souligné dans notre analyse indépendante sur BookmakersCameroon.com, un site de paris sportifs au Cameroun reconnu pour ses analyses du football africain, les récentes performances des Lions ressemblent souvent à celles d’une équipe coincée entre deux ères — talentueuse, mais encore en quête d’identité.
Aujourd’hui, avec le nouveau sélectionneur belge Marc Brys et une génération de talents évoluant en Europe qui commence à mûrir, la question est simple : 2025 sera-t-elle enfin leur année ?
Le casse-tête du Groupe F
Allons droit au but : le Cameroun a hérité d’un des groupes les plus relevés de la CAN 2025.
Groupe F
- Côte d’Ivoire (champions en titre, vainqueurs à domicile en 2024)
- Cameroun (cinq fois champions, qualifiés invaincus)
- Gabon (rivaux régionaux ambitieux)
- Mozambique (outsiders en pleine progression)
Difficile d’imaginer un tirage plus compliqué. Les Lions affrontent les champions en titre dans l’un des chocs annoncés de la compétition — un classique de rivalité, remporté 1-0 par le Cameroun lors des qualifications de 2021.
Ils devront être au niveau dès la première minute pour espérer sortir de ce groupe.
Marc Brys : l’architecte tactique avec un plan
Nommé en avril 2024, Marc Brys a déjà opéré une transformation notable. Il a conduit les Lions à une campagne de qualification invincible — une première depuis bien longtemps. Ils ont terminé en tête du Groupe J avec 14 points.
Brys privilégie un 4-3-3 basé sur la possession maîtrisée, les transitions rapides et des circuits de passes intelligents. Il souhaite des joueurs responsables, disciplinés et confiants dans un cadre tactique clair. Mais selon lui, le plus grand adversaire du Cameroun n’est pas l’équipe d’en face — ce sont les démons internes : discipline, motivation, constance.
Et il martèle un autre point : les conflits permanents entre la FECAFOOT et le Ministère des Sports entravent son travail. Il demande la fin de ces luttes internes qui siphonnent l’énergie de son groupe.
Les stars basées en Europe : l’arme secrète
Le Cameroun compte des joueurs évoluant au plus haut niveau européen :
- André Onana (Manchester United, prêté à Trabzonspor) — Après le clash lors du Mondial 2022, il est devenu un élément clé. Distribution et lecture du jeu exemplaires.
- André-Frank Zambo Anguissa (Naples) — Le moteur du milieu, champion d’Italie en 2023.
- Bryan Mbeumo (Manchester United) — Auteur de 20 buts en Premier League avec Brentford en 2024-25, transféré pour 71 M£ en 2025. Vitesse, finition, volume.
- Carlos Baleba (Brighton) — Énergique, technique, en pleine progression.
- Christopher Wooh (Rennes) & Enzo Boyomo (Osasuna) — Charnière jeune mais prometteuse.
- Vincent Aboubakar — Le capitaine emblématique, cinq la CAN à son actif.
Ces joueurs apportent un avantage certain : ils évoluent chaque semaine contre l’élite mondiale, ce qui les rend plus affûtés, plus disciplinés, plus intelligents tactiquement — comme l’ont montré les joueurs de Premier League marocains lors de leurs récents succès.
Identité tactique : encore en chantier
Le Cameroun reste une équipe physique, difficile à manœuvrer, redoutable en transition.
Mais avec le ballon, face aux grandes équipes, c’est encore flou.
Ce qu’il reste à améliorer :
Équilibre du milieu
Zambo Anguissa apporte une grande valeur ajoutée, mais trouver le partenaire parfait reste un casse-tête. Baleba et Hongla sont des options, mais l’alchimie n’a pas encore été trouvée.
Attaques structurées
Le Cameroun dépend trop des éclairs individuels (Mbeumo, Aboubakar…). Face au Maroc, au Sénégal ou à la Côte d’Ivoire, un geste isolé ne suffira pas. Il faut des schémas travaillés.
Gestion des moments difficiles
Quand ils sont bousculés, les Lions peuvent perdre le fil, oublier le plan et paniquer.
Pour sortir du Groupe F, ils devront rester disciplinés pendant 90 minutes.
Verdict : un outsider capable d’un gros coup
Le Cameroun peut-il réellement gagner la CAN 2025 ? Réponse honnête : oui, mais beaucoup de choses doivent s’aligner.
Leurs forces
- Des joueurs de haut niveau à chaque poste.
- Un ADN de vainqueur : cinq titres.
- Supériorité physique.
- Individus capables de débloquer un match.
- Qualification sans défaite sous Brys.
Leurs faiblesses
- Assimilation tactique incomplète.
- Groupe extrêmement difficile avec les champions en titre.
- Moins de profondeur offensive que le Nigeria.
- Problèmes administratifs chroniques.
- Échec récent en qualification mondiale, qui pèse sur la confiance.
En clair : quart de finaliste probable, demi-finaliste potentiel si tout se passe bien. Mais le tirage au sort du Groupe F complique la tâche.
Tout dépendra de trois questions clés :
- Brys peut-il stabiliser son milieu ?
- Mbeumo peut-il apporter sa forme de Manchester United en CAN ?
- Peuvent-ils résister en Côte d’Ivoire sans s’effondrer ?
S’ils y arrivent, un exploit est possible. Sinon, une élimination en quarts de finale semble probable. Aujourd’hui, ils sont probablement les 4ᵉ ou 5ᵉ favoris, derrière le Maroc, le Sénégal, le Nigeria et peut-être l’Algérie. Mais en CAN, le statut de favori n’a jamais garanti un titre.