Par Neilley Claude EBESSA
Journaliste kick442.com – Cameroun
Le football africain vient de franchir un cap symbolique majeur lors de cette 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc. Pour la première fois depuis 1965, les quatre nations qualifiées pour le dernier carré sont toutes dirigées par des techniciens du continent. Un séisme de fierté qui met fin au mythe des « sorciers blancs » et garantit que le futur roi d’Afrique sera coaché par l’un des siens.
Un rendez-vous avec l’Histoire
Il faut remonter à l’édition de 1965 en Tunisie pour retrouver une telle configuration. À l’époque, le tournoi ne comptait que six équipes. En 2025, dans une compétition à 24 équipes au niveau tactique de plus en plus exigeant, voir quatre “enfants du pays” se hisser au sommet n’est plus un hasard : c’est la consécration d’une nouvelle école de pensée.
Les demi-finales : quatre stratèges, une seule ambition
Ce carré d’as ne doit rien au hasard. Ces quatre entraîneurs ne sont pas seulement d’anciens joueurs de légende ; ce sont des techniciens modernes qui ont su allier la connaissance profonde de l’identité de leurs nations à une rigueur tactique de classe mondiale.
• Le pays hôte, le Maroc, peut compter sur l’aura de Walid Regragui. Déjà entré dans l’histoire après l’épopée du Mondial 2022, il confirme ici son statut de leader naturel. Sous sa houlette, les Lions de l’Atlas jouent avec une sérénité et une ambition qui portent le rêve de tout un peuple à domicile.
• De son côté, le Nigéria rayonne grâce à la discipline imposée par Éric Chelle. Fin tacticien, il a su transformer le talent brut des Super Eagles en une machine collective redoutable, prouvant que la rigueur et l’organisation sont les clés pour franchir les paliers continentaux.
• Le Sénégal, champion en titre de la régularité, voit en Pape Thiaw l’héritier parfait. Ancien adjoint de la sélection, il assure une continuité exemplaire tout en apportant sa propre touche de fraîcheur et une gestion humaine qui maintient les Lions de la Teranga au sommet du football africain.
• Enfin, l’Égypte retrouve sa grinta historique avec le légendaire Hossam Hassan. Véritable icône sur le terrain par le passé, il insuffle aujourd’hui son tempérament de gagneur et son expérience inégalée des joutes africaines aux Pharaons, les rendant plus redoutables que jamais.
La fin d’une époque, le début d’une ère
Cette configuration certifie une chose : le successeur d’Emerse Faé (vainqueur avec la Côte d’Ivoire en 2023) sera lui aussi africain. Cette tendance lourde prouve que les fédérations font désormais confiance à l’expertise locale pour mener des projets d’envergure.
La CAN 2025 restera dans les annales comme le tournoi où le “Coaching Made in Africa” a définitivement pris le pouvoir. Que le meilleur gagne !